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    Le compromis nationaliste ou l’erreur doctrinale et tactique

     
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    Auteur Message
    FA
    Varlet

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    Inscrit le: 09 Jan 2010
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    MessagePosté le: 26/10/2010 14:54:58    Sujet du message: Le compromis nationaliste ou l’erreur doctrinale et tactique Répondre en citant

    Chers Amis,

    Je me permets de vous soumettre mon dernier article.
    Bonne lecture !


    Le compromis nationaliste ou l’erreur doctrinale et tactique de Charles MAURRAS

    Maurras adopta la stratégie du compromis nationaliste, qui consista à cesser toute forme d'action politique lors de la guerre de 1914/1918, afin de soutenir l'armée de la République contre les armées allemandes. A priori, nous pourrions être étonnés de cette prise de position, mais en creusant doctrinalement le sujet, elle apparaît comme très logique de la pensée maurassienne. En effet, celle-ci semble bien définie par ce compromis nationaliste et résume assez bien à elle seule la défaite de ce courant de pensée. Notre propos sera sûrement assez difficile à comprendre et beaucoup pourront être heurtés intellectuellement voire sentimentalement par ce qui suit. Nous savons que nous serons attaqués et critiqués pour cette analyse, mais comme nous nous en tenons aux faits historiques, nous sommes parfaitement sereins. Il faut bien comprendre notre position qui ne consiste pas à démolir l’œuvre maurassienne, mais au contraire à réfléchir sérieusement aux raisons de son échec et aux échos qu’elle renvoie dans notre époque moderne. Notre propos se trouve donc dans ces importantes considérations, car il se place au niveau de l’analyse et de la réflexion. Je précise d’emblée que je respecte les soldats français qui moururent lors des deux Guerres Mondiales, et tous ceux qui participèrent à ces conflits meurtriers de près ou de loin.

    Je constate qu’en choisissant d’opter pour le compromis nationaliste, Maurras collabora d’une certaine façon avec la République, qui une fois la guerre terminée, n’hésita pas à combattre farouchement les militants nationalistes de l’Action française. Il ne faut pas confondre les dimensions physique et charnelle du combat politique. Physiquement notre pays fut certes bel et bien envahi en 1914. Cependant les allemands ne s’en prenaient pas à la dimension charnelle de notre pays qui elle, était mise à mal depuis au moins 1789, par les philosophes et autres esprits des Lumières. Maurras s’auto-condamna, car il commit une double erreur : une doctrinale et une tactique. Doctrinalement, le Bien Commun et la Vérité ne peuvent s’accommoder de l’erreur. Maurras décida de suspendre ses activités politiques pour défendre la République, qui repose, rappelons-le sur des fondements idéologiques intrinsèquement mauvais et pervers. Il confondit et mit sur le même plan, la Patrie Charnelle et les institutions républicaines. Doctrinalement et politiquement la Grande Guerre ainsi que celle de 1939/1945 ne concernaient pas la France mais la République. Cette dernière n’est point la France et la France ne peut se satisfaire du régime républicain et démocrate. Les Français se firent trouer la peau et périrent avec honneur dans deux guerres qui virent l’affaiblissement de la France et de tout un continent. En enjoignant la jeunesse catholique et française de participer à cette tuerie (celle de 14/1Cool pour défendre la République, Maurras scella son sort et celui du combat qu’il menait, car il oublia qu’on ne peut pas pactiser avec le mal, même pour des intentions – prétendument – louables. Peu importe les époques et les contingences du temps, la République doit être définie et désignée comme le parti de l’étranger ou l’ennemie. Hors de question de s’allier à elle pour combattre un ennemi extérieur ou même de l’intérieur. La Guerre de 14 provoqua des millions de morts en Europe. Certains évoquèrent même le terme de guerre civile européenne pour la désigner. Tactiquement, cette tuerie à l’échelle des pays européens permit l’ingérence des Américains dans nos affaires, pour notre plus grand malheur. Elle contribua à alimenter la haine allemande du côté français, et la haine française du côté allemand, et surtout, elle détruisit l’Empire Austro-Hongrois pour des résultats catastrophiques à long terme. La République sortit vainqueur du conflit contre les Empires Centraux, mais à quel prix ? Une victoire à la Pyrrhus en quelque sorte. La question fondamentale ne se trouve pas dans la victoire ou dans la défaite, car la légitimité d’une cause ne se définit pas en fonction de sa réussite ou de son échec.
    Les hommes, qui sont morts au front en 14/18 ainsi qu’en 40/45, périrent en croyant se battre pour la France. Je ne peux que me montrer admiratif et respectueux devant tant de vaillance. Malheureusement je constate le gâchis devant tant de vies sacrifiées pour des intérêts qui ne furent pas les nôtres. La République en France, de par le poids de l’idéologie et du passé, reste un adversaire, que nous devons combattre coûte que coûte. En effet, lorsque la Convention vota le 24 février 1793 la levée de 300 000 hommes, pour se lancer dans une guerre contre l’Europe coalisée qui durera jusqu’en 1815, les Chouans, les Vendéens et autres contre-révolutionnaires ne mirent pas bas les armes pour défendre la République - bien au contraire - au nom d’un compromis français ou que sais-je encore. Certains objecteront que nous n’étions pas dans les mêmes époques et que par conséquent, nous ne pouvons pas comparer. Rien n’est plus faux et stupide que cet argument. Dans mon esprit il n’y a pas de relativisme en matière d’idées ou de religion ! A ce sujet, il convient de préciser une idée directrice fondamentale de ma pensée politique : la République, que nous soyons en 1793, en 1914 ou 2010 reste encore et malgré tout, le parti de l’étranger, car ses fondements idéologiques sont antichrétiens et internationalistes.

    Maurras prétendait se placer dans l’héritage contre-révolutionnaire qui avait pourtant compris que le compromis (1) c’était la mort. Lui préféra choisir le compromis pour le résultat que nous connaissons tous et que j’ai développé plus haut. Afin de bien être clair, je considère que les principes sur lesquels reposent la République en France restent faux, dangereux et surtout anticatholiques. Ce constat ne dépend nullement des époques mais des fondements idéologiques mêmes. Je note également que le compromis nationaliste amènera nombre de camelots du Roi dans les bras du Général de Gaulle en 40, lequel n’hésitera pas à couvrir les excès de l’Epuration en 1945, à abandonner les Français d’Algérie et les Harkis en 1962, et à anéantir notre Empire colonial. Je ne tiens pas à faire de l’histoire fiction comme Eric Zemmour, et je ne me prononcerai pas sur ce qu’aurait dû faire ou non Maurras. Je me contente des faits et je constate que Maurras a mélangé le combat charnel et le combat physique, l’un pouvant aller sans l’autre et inversement. Depuis plus ou moins 150 ans, les catholiques et les royalistes jouent les supplétifs pour la République. Dès que les catholiques et les royalistes acceptent des compromis ou s’accommodent des principes républicains et démocrates, ils perdent en se faisant rouler dans la farine (2). Franck Abed ne tapinera jamais pour la République.

    Le nationalisme puise sa source dans la révolution (3). Celle-ci a remplacé le Roi par la Nation, le pouvoir incarné légitime par un pouvoir désincarné et illégitime, le pouvoir en un seul par le pouvoir de tous, autrement dit de personne. Il est important d’insister sur l’idée que la Nation étant autonome pour les nationalistes, ils estiment qu’ils sont amenés à en assurer la pérennité hic et nunc, en attendant le Roi. C’est de cette façon que les maurrassiens et leurs séides reproduisent par atavisme le fameux compromis nationaliste dans leurs époques respectives, avec les magnifiques résultats que nous connaissons tous. Rien que pour la période contemporaine, nous pouvons retenir ce qui suit : le soutien à de Gaulle en 1958, à Tixier-Vignancour en 1965 et à Le Pen par la suite. L’histoire semble être un éternel recommencement ! Quasiment 100 ans après le compromis nationaliste : la République est malheureusement toujours en place, le mouvement royaliste éclaté, la cause catholique et royale passe pour ringarde, rétrograde (4). Comme le dit le Christ, nous reconnaissons l’arbre à ses fruits…

    Demain, si nous voulons gagner le combat, il faudra dépasser Maurras et abandonner l’idée du compromis nationaliste. Pour conclure, je ne me joins pas aux ânes incultes qui expliquent que Maurras fut un nazi, un collaborateur voire les deux en même temps. Selon le principe de réalité, je constate que Maurras n'était que nationaliste... et de par cette posture idéologique il ne représente guère d'intérêt pour le légitimisme, même si sa critique de la démocratie reste brillante et cruellement d’actualité. Le légitimisme traditionnel ne peut se satisfaire du nationalisme sous quelque forme que ce soit, non pas à cause de la connotation péjorative qui lui colle à la peau dans notre époque, mais surtout et essentiellement en raison de la confusion qui existe dans l'esprit des nationalistes au sujet de la souveraineté française, qui doit s'incarner dans le réel, et non pas dans un concept révolutionnaire et maçonnique. Pour être clair, la souveraineté appartient au Roi et surtout pas à la Nation. . .

    Franck ABED
    Ecrivain, essayiste
    www.franckabed.com


    (1) Il faut quand même savoir que la Convention avait décidé la peine de mort pour : « tous les individus qui ont participé à des révoltes ou émeutes contre-révolutionnaires lors des opérations de recrutement de l’armée » sur simple constatation d’identité.

    (2) Philippe Prévost : L'Église et le ralliement. Histoire d'une crise (1892-2000), Paris, Centre d'études contemporaines, 2001.

    (3) Démocratie, nationalisme : alliés ou adversaires ? (28 mai 2010)

    (4) Constat identique pour le(s) nationalisme(s) dans notre pays. . .


    Article publié dans le site www.franckabed.com le 26 octobre 2010
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    MessagePosté le: 26/10/2010 14:54:58    Sujet du message: Publicité

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    Paxi
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    Inscrit le: 21 Oct 2007
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    MessagePosté le: 26/10/2010 17:09:56    Sujet du message: Le compromis nationaliste ou l’erreur doctrinale et tactique Répondre en citant

    En effet, j'ai lu, récemment, que le nationalisme allait à l'encontre de l'esprit chrétien et cela
    m'avait interpellée.
    Merci, cher FA, pour votre article.
    Citation:
    http://books.google.fr/books?id=I4TKeNkjTWQC&lpg=PA21&ots=b5VMWqvtn…
    Page 21
    Ce que nous révèle W.G.Carr est à rapprocher d'une révélation de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi à qui N.S.J.C. apprit que "le temps de Purification serait abrégé lorsque les cinq arbres d'hérésie qui infestent la forêt seraient déracinés. Ces cinq arbres sont : le nationalisme, le libéralisme, le maçonnisme, le modernisme et le socialisme " (cité par le P. Bessières SJ. dans sa biographie d'Anna-Maria Taïgi - DDB 1936 - page 188). Le nationalisme n'est donc pas chrétien : le mot et le concept, tous deux ignorés avant la révolution française, ont été forgés par ... Adam Weishaupt lui-même, fondateur des Illuminés de Bavières ! Les échecs de la droite nationale en France ne sont dûs qu'à cela...(n.d.t.)

    _________________
    Car il n’est rien de caché qui ne doive être découvert, rien de secret
    qui ne doive être connu et mis au jour. Luc 8 : 17.
    La force des mauvais se nourrit de la lâcheté des bons. Pie X.
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    MessagePosté le: 26/10/2010 18:40:51    Sujet du message: Le compromis nationaliste ou l’erreur doctrinale et tactique Répondre en citant

    Merci bien de votre compliment !

    Ces révélations sont-elles reconnues par l'Eglise ?

    Bien à vous,

    Franck ABED
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    MessagePosté le: 26/10/2010 18:42:33    Sujet du message: Le compromis nationaliste ou l’erreur doctrinale et tactique Répondre en citant

    D'ailleurs, j'en profite pour dire que le livre : Des Pions sur l'Echiquier est vraiment très intéressant...
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    MessagePosté le: 19/08/2017 18:57:11    Sujet du message: Le compromis nationaliste ou l’erreur doctrinale et tactique

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