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    11 mars 1961 : exécution Bastien-Thiry

     
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    Auteur Message
    Frédéric D.
    Paladin

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    Inscrit le: 15 Jan 2008
    Messages: 936
    Localisation: Versailles

    MessagePosté le: 11/03/2010 11:45:17    Sujet du message: 11 mars 1961 : exécution Bastien-Thiry Répondre en citant

    Notre mémoire...
    11 MARS 1963 : DERNIERE EXECUTION POLITIQUE EN FRANCE

    Le verdict est rendu après deux heures quarante minutes de délibération. Pour Bastien-Thiry, Alain de Bougrenet de La Tocnaye, Prévost, Watin, Marton, Bernier (les trois derniers par contumace) : la mort ; pour Buisines, Louis de Condé, Naudin (ces de...ux ci par contumace) : réclusion criminelle à perpétuité ; pour Magade et Bertin : quinze ans de réclusion ; pour Varga : dix ans ; pour Constantin : sept ans ; pour Ducasse : trois ans. Les juges ont condamné Prévost à une peine supérieure à celle qui était requise. Ce n'est pas la moindre anomalie de ce procès. C'est la plus troublante.

    Les accusés ont écouté la sentence sans ciller, très droits, immobiles. " Bastien-Thiry est rayé des cadres de la Légion d'honneur ", ajoute le général Gardet. Un haussement d'épaules lui répond. Du fond de la salle, soudain, a cri part, celui d'une femme : " Assassins ! Assassins ! Aucun soldat français n'acceptera de les fusiller ! Assassins ! " Cette femme, c'est Mme de La Tocnaye, l'épouse Alain. Une autre femme joint sa voix à la sienne : c'est la mère du condamné. D'autres cris se font entendre : C'est une honte ! C'est un scandale ! Bourreaux ! " Puis peu à peu, la salle se vide. Les condamnés sont séparés. ; savent qu'ils ne se verront plus : Bastien Thiry, La Tocnaye, Prévost sont emmenés à Fresnes, les autres à la santé. Dans la médiocre salle du Fort de Vincennes, les lumières s'éteignent. La pièce est jouée, la tragédie s'est achevée, selon les modalités prévues par le metteur en scène. Du moins celui ci a t il eu la pudeur de ne pas mettre son nom au générique.

    Le lundi 11 mars à l'aube - une semaine après le verdict - d'importantes forces de police entourent la prison Fresnes. D'autres jalonnent la route qui conduit au Fort Ivry. Celui-ci est lui-même étroitement surveillé, ce qui normal puisque la Ve République en a fait l'un de ses principaux monuments.

    Dans sa cellule, on vient réveiller le colonel Bastien Thiry. Il dort profondément. Dès qu'il a ouvert les yeux, il a compris. Ses premières paroles sont pour ses amis : Quel est leur sort ? On le rassure : ils ont été graciés. Alors il s'habille posément, revêt par-dessus ses vêtements civils une capote bleue de l'armée de l'air, sans galons. Il ne dit rien. Déjà, il se détache du monde, cependant que ses avocats, dans un ultime effort pour le sauver, lui font tenir cette déclaration :
    - je proteste contre ma condamnation et mon exécution. Ma condamnation est illégale. Mon exécution est un assassinat. Je demande qu'il y soit sursis jusqu'à ce que le Conseil d'état se soit prononcé sur la validité des arrêts de la Cour Militaire de justice.

    On transmet à M. Gerthoffer. Après quelques instants de discussion, celui-ci refuse le sursis, Le condamné entend alors la messe, reçoit la communion. Ceux qui assistèrent à ces derniers instants ont rapporté à quel point ils avaient été frappés par le rayonnement intérieur qui émanait alors de l'homme qui allait mourir.

    Bastien-Thiry prend place dans un fourgon cellulaire. Pendant le trajet, il prie. Le convoi parvient au Fort d'Ivry. Le condamné marche vers le poteau en tenant toujours son chapelet entre ses doigts. On l'attache, on veut lui bander les yeux. il refuse, comme l'avaient fait avant lui Piges. Dovecar, Degueldre. A 6 h 46, la salve retentit, puis le coup qu'on appelle "de grâce ", Le lieutenant colonel Bastien-Thiry est mort. On emporte son corps à Thiais. On l'enfouit dans le carré des suppliciés, à la sauvette, comme ces voleurs pendus jadis à Montfaucon que l'on entassait dans les fosses communes. Autour de cette tombe sans croix, quelques gendarmes, garde dérisoire.

    " Nous ne souffrons pas en vain. Nous souffrons pour tous les lâches qui ne risquent rien. Que Dieu ait pitié de nous " Bernanos a écrit ces mots admirables. A qui pourraient ils mieux s'appliquer qu'à celui qui dort désormais, en paix avec lui-même, sous les broussailles de Thiais ?

    " Je suis persuadé que notre mort, si elle avait lieu, secouerait la torpeur du peuple français ", s'était écrié Alain de la Tocnaye devant ses juges. Il était bon prophète : la stupeur, l'indignation accueillent la mort de Bastien-Thiry, chez ceux-là mêmes qui s'opposaient farouchement à ses thèses politiques. De Gaulle, une fois de plus, confirmait qu'il n'avait de l'homme que l'apparence, et qu'en fait tout ce qui était humain lui était indifférent.


    Tout l'article :
    http://www.babelouedstory.com/voix_du_bled/bastien_thiry_05/bastien_thiry_05.html

    Voir aussi le très beau site hommage à Bastien -Thiry :
    http://www.bastien-thiry.fr/jean-bastien-thiry.htm
    _________________
    Soli invicto !
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    MessagePosté le: 11/03/2010 11:45:17    Sujet du message: Publicité

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