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    Un roman protéiforme

     
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    Auteur Message
    Roland
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    Inscrit le: 17 Nov 2007
    Messages: 7 602
    Localisation: la Lune

    MessagePosté le: 27/03/2009 15:47:15    Sujet du message: Un roman protéiforme Répondre en citant

    Présent a écrit:

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    Au musée du Louvre

    Un roman protéiforme



    Dès sa parution en 1516, le Roland furieux connut le succès en Italie puis, immédiatement traduit, en Espagne et en France où sa diffusion se mesure à la naturalisation en noms communs de deux des personnages : Sacripant, roi de Circassie, et Rodomont, roi d’Alger. La version définitive fut publiée en 1532, et les imprimeurs vénitiens satisfirent la demande avec des rééditions régulières en fines italiques, de plus en plus illustrées.

    Lodovico Ariosto (1474-1533), proche du cardinal Hippolyte d’Este puis du duc de Ferrare, reprend l’intrigue du Roland amoureux de Boiardo (1434-1494) au point où elle s’arrêtait. Sa technique narrative, complexe, brillante, dépasse celle de son prédécesseur. Il enrichit sa trame en puisant dans le cycle breton et dans la littérature latine (Virgile, Horace, Ovide, etc.) Il opère ainsi « la compénétration harmonieuse de l’épopée médiévale et de l’épopée antique », explique A. Mativa, S. J., dans son cours de littérature italienne (Namur, 1950). « En cela l’Orlando furioso est l’œuvre la plus représentative de la Renaissance italienne. Il l’est aussi par son indifférence. Par cette indifférence, absolue et sereine vis-à-vis de la morale, plus encore que par des descriptions passionnées ou franchement licencieuses, c’est un mauvais livre. » Le Roland furieux est-il encore lisible ? Le vers « éblouissant de clarté et de beauté, vide de pensée profonde » (je cite encore A. Mativa), en traduction française est vite lassant.

    Au fil du temps, la lecture du roman est devenue secondaire et, considéré comme un formidable répertoire d’images, le roman a glissé du domaine littéraire au domaine pictural. Son origine n’est-elle pas autant visuelle que textuelle ? Pisanello et son atelier, au siècle précédent, dessinent des figures de l’univers courtois et chevaleresque, de jeunes chevaliers et de nobles dames, de même les contemporains de l’Arioste, Nicolo dell’Abate (illustration), Girolamo da Treviso, Bartolomeo Montagna. L’Arioste s’inscrit dans un contexte qui explique et le roman et sa réception. De très beaux relevés des grotesques des Loges vaticanes font le lien entre les fantaisies ornementales et la fantasy, genre auquel le roman appartient si on s’autorise l’anachronisme. (Le roman de J.R.R. Tolkien Le Seigneur des Anneaux et son adaptation cinématographique descendent pour une part du Roland furieux ; mais l’esprit en est bien différent.)

    Viennent les illustrateurs. Girolamo Porro illustre de gravures l’édition vénitienne de 1584. D’autres choisissent un épisode, comme Otto Venius qui représente l’épisode où Isabelle, afin de rester pure, pousse le païen Rodomont à la décapiter. Informel, Fragonard dessine cent quatre-vingts scènes, d’un trait lâché et virtuose. Quelques-uns de ses dessins sont présentés, il y manque hélas la scène où Roger libère Angélique, scène du roman devenu un poncif.

    Angélique a été attachée sur le rivage pour être dévorée par un monstre marin qui se repaît de chair fraîche. Roger chevauchant l’hippogriffe se bat contre lui dans une lutte furieuse où le reptile marin frappe la mer de sa queue tandis que les ailes de l’hippogriffe froissent l’air. L’épaisse peau du monstre ne se laisse pas entamer, aussi Roger use-t-il de l’écu magique pour aveugler l’orque, ce qui lui permet de délivrer Angélique.

    Chevalier combattant le dragon, héros délivrant la princesse sur le rivage, Roger renvoie à saint Georges, à Persée délivrant Andromède, et parfois se confond avec eux : un dessin de Piagio Pupini (XVIe) peut être interprété diversement. Delacroix, dans son tableautin, insiste sur la mêlée du duel, qu’il situe la nuit. Gustave Moreau en fait un projet d’éventail. Ingres peint trop léché Roger et l’hippogriffe, et Angélique fidèlement au récit : « Roger l’aurait prise pour une statue d’albâtre ou de tout autre marbre précieux, sculptée sur l’écueil par des statuaires habiles… » Ce nu a fait l’objet d’une étude au même format. Louis-Antoine Barye choisit le moment où Roger embrasse Angélique tandis que l’hippogriffe s’envole, laissant sous lui le monstre marin. Le bronze est étonnamment confus (à moins que l’éclairage n’ait été mal pensé).

    Les intrigues amoureuses, les passions, les drames, la féerie n’ont pas laissé indifférents les compositeurs : Lulli, Haydn, Haendel, Vivaldi, dont l’Orlando furioso – le 3e acte surtout – abonde en dialogues vifs, en fantaisies vocales. Adapté en livret, le roman touffu est simplifié ; c’est parfois une partie, ou un personnage, qui devient l’argument (Rameau, Les Paladins ; Haendel, outre son Orlando, composa un opéra centré sur la sorcière Alcina puis un autre sur le chevalier Ariodante).

    •Imaginaire de l’Arioste, l’Arioste imaginé, jusqu’au 18 mai 2009. Musée du Louvre, tous les jours sauf le mardi, de 9 h à 18 h (nocturnes jusqu’à 22 h les mercredis et vendredis). Entrée : 9 euros.

    SAMUEL

    Article extrait du n° 6810
    du Samedi 28 mars 2009

    _________________
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    MessagePosté le: 27/03/2009 15:47:15    Sujet du message: Publicité

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    Poly2
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    Inscrit le: 02 Avr 2009
    Messages: 18

    MessagePosté le: 02/04/2009 10:47:35    Sujet du message: Un roman protéiforme Répondre en citant

    Merci, monsieur, pour l'annonce de cette exposition que j'irai certainement voir. C'est un peu votre article, retransmis par monsieur Nitryk, qui m'a incitée à m'inscrire ici. Ce roman (un peu kitsch..) m'a été offert pour mes 15 ans dans une somptueuse édition de 1844 par une vieille amie de ma grand-mère qui se dépouillait progressivement pour nous de ses trésors terrestres. Elle avait cependant condamné quelques pages , attachées par un trombone, y avait épinglé un petit mot de mise en garde, et mon affection pour la vieille dame, depuis longtemps partie discuter poésie avec l'Arioste, m'autorise à vous le copier avec un sourire attendri : "Ce conte n'est pas propre (licence italienne). Passe jusqu'à la page 379, la coupure ne nuit en rien à l'intérêt du récit". J'ai tenu presque une année sans enlever le sceau...
    Je vous livre le début du Chant XXVIII, sans en déflorer la gentille et libertine histoire :
    Femmes charmantes, et vous qui savez les aimer, gardez vous d'écouter cette histoire....
    Et puis voici 2 des gravures qui soutiennent le récit. (Je n'arrive pas à les mettre sous forme d'image dans le texte)


    http://www.weplug.com/images_1/d23ca1f82d5e3d71ddaf2d070cb0d2af200903281439…

    http://www.weplug.com/images_1/81464e6a160556d4505fce24a21a679b200903281441…

    (les voici, Roland)



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    Roland
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    MessagePosté le: 02/04/2009 11:12:38    Sujet du message: Un roman protéiforme Répondre en citant

    ... Lorsque l'histoire est dans l'histoire.
    Il est toujours émouvant de découvrir ou non des attentions qui nous sont destinées... ou pas!
    J'espère que vous avez replacé le petit mot et le trombone comme qu'ils étaient ?
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    Poly2
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    Messages: 18

    MessagePosté le: 02/04/2009 12:02:12    Sujet du message: Un roman protéiforme Répondre en citant

    Roland a écrit : J'espère que vous avez replacé le petit mot et le trombone comme ils étaient ?

    Et bien à vrai dire, oui, j'ai replacé le trombone et le billet, mais sur une seule page ..... Wink
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    MessagePosté le: 18/10/2017 02:14:22    Sujet du message: Un roman protéiforme

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